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"La seule carrière possible pour Proust, c'était la carrière d'homme d'Etat, d'orateur. Que cette carrière ne s'ouvrit pas devant lui, que la Révolution tardât, ses vices ne suffisant plus a le distraire, il mourait maniaque ou fou, a la fois ridicule et déshonore.
Cette vocation fatale, irrésistible, s'alliait a une santé de fer, a une figure imposante dans sa laideur, a une voix sonore et a un air de dignité noble et paisible. Ses défauts extérieurs, choquants chez un homme privé, devenaient autant de qualités chez un tribun. Son attitude et son costume, de mauvais ton dans un salon, s'harmonisaient, au contraire, a la tribune, avec sa tête éloquente, ses regards extraordinaires. En réalité, il n'avait tout son prix, au moral et au physique, que quand il parlait en public. Le Midi seul forme ces natures merveilleuses, faites pour la représentation, pour la vie tumultueuse en plein air, pour le contact incessant de la foule, natures que la solitude rapetisse et enlaidit, que la publicité grandit et transfigure, et pour lesquelles l'éloquence est le plus impérieux des besoins."
Note d’Oriane (Bic vert) : encore une fois les vies se ressemblent. Ceci est un portrait de mon mari le Général Proust qui n’est devenu militaire que par nécessité et pour préparer son coup d’état… Il aurait dû être politicien ou avocat.
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